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vendredi, juillet 19, 2024

Ibrahima Djité, Spécialiste en Gouvernance Territoriale et en Politiques publiques: « Il faut éviter toute politisation dans la gestion de la problématique des marchants ambulants car… »

Interview

Ces derniers jours, la question de la mobilité est au coeur des débats avec la sortie du Premier ministre Ousmane Sonko à Colobane. Que peut-on attendre de cela?

Merci. Je pense que le débat concernant l’occupation de la voirie publique est au centre des préoccupations majeures de nos gouvernants. D’où la visite du Premier ministre au niveau de Colobane est pleine d’enseignements parce que les difficultés liées à la mobilité urbaine à Dakar sont prégnantes et nombreuses. L’occupation anarchique de la voie publique, le manque de lisibilité et l’absence de panneaux de signalisation, l’insécurité, etc., restent autant de facteurs qui rendent difficile la mobilité des populations. Or, pour bon nombre de sénégalais, les nouvelles autorités doivent prendre à bras le corps cette problématique afin d’endiguer le phénomène une bonne fois pour toute. Dès lors, il s’avère impératif de procéder à une batterie de mesures allant de l’identification des acteurs jusqu’à la mise en place d’un plan stratégique d’utilisation de ces marchés en passant par l’évaluation exhaustive de l’accompagnement de l’Etat et de ses partenaires.

C’est pour cette raison qu’il faudrait attendre dans les jours à venir la convocation des acteurs pour se pencher sur la question hautement importante dans la préservation de la sécurité et la prévention d’éventuels conflits entre les acteurs qui pourraient avoir une conséquence sur l’ordre public.

Pensez-vous que le chef du gouvernement Sonko a-t-il les moyens d’agir ?

Oui! Oui! Effectivement. Le Premier ministre a réellement les moyens d’agir car il suffit simplement de privilégier le dialogue en montrant la posture d’homme d’Etat dans cette affaire.

Dialogue ! Oui. Mais, avec les vrais acteurs avant même de faire la promesse. Il faudra éviter toute politisation dela gestion cette problématique des marchants ambulants car ce sont des hommes et des femmes qui vivent de cette activité. Alors, les aider à s’inscrire dans la durée pour un environnement commercial sécurisé et rentable jouera en leur faveur.

Cette phase serait-elle suffisante pour ramener la confiance chez les acteurs ?

Non! Elle ne peut pas être suffisante. Mais, peut être, plutôt un moyen de rassurer les acteurs pour pouvoir entamer une seconde phase, celle qui consistera à l’évaluation de l’accompagnement de l’Etat au secteur.

L’évaluation devra consister à l’identification de tous les moyens mis dans le secteur par l’Etat depuis les premières réformes de la décentralisation, notamment, la dernière réforme, c’est-à-dire, celle de 2013 avec l’Acte III car, le commerce a été l’un des piliers de l’autonomisation des Communes à travers les possibilités de collectes de taxes sur les activités commerciales exercées dans le lieu. C’est pour ainsi dire que l’occupation de la voirie et son organisation sont aussi vieilles que les communes: les communes et les commerçants sont des partenaires. Par conséquent, trouver une meilleure formule de collaboration s’impose à tous pour des profits pour tous.

Effectivement, tu as parlé de profits pour tous. Qu’est ce que cela signifie ?

De ce qui précède, on se rend compte que le partenariat évoqué plus haut veut dire l’installation ou occupation de la voirie est égale source de revenus pour les Communes et proximité de commerce pour les riverains, c’est-à-dire, les habitants et les marchands , l’un dans l’autre, Chacun trouve alors ses comptes dans l’activité commerciale. C’est d’ailleurs pour cette raison valable qu’aucun acteur n’a besoin de crise dans le secteur. Par ailleurs, faudrait il le rappeler, le rôle régalien de l’Etat dans la facilitation de la cohabitation positive des acteurs est aussi important et obligatoire pour permettre un équilibre dans ce secteur.

Quel mécanisme proposerez vous pour l’effectivité de cette collaboration positive entre les acteurs?

D’abord, l’assurance de l’Etat en faveur de l’apaisement et l’ouverture de la négation: convocation sans délai des acteurs, l’évaluation des moyens de l’Etat jusque-là mise dans le secteur et enfin, la mise en place du plan stratégique pour l’organisation, la capacitation et l’accompagnement des acteurs notamment des marchants ambulants pour un Sénégal de tous et pour tous.

C’est tout le sens que je donne à la réunion tenue par le PM et les acteurs des jours passés.

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